Avec votre compte, vous pouvez désormais sauvegarder des articles pour les lire plus tard sur tous vos appareils. Pour sauvegarder un article vous devez être connecté, vous pourrez ainsi les consulter sur tous vos appareils. CRITIQUE - Dans cette comédie qui décrit les travers du temps, dédiée à feu Jean-Pierre Bacri, la réalisatrice et actrice secoue, provoque et irrite, avec Daniel Auteuil et Eye Haïdara au casting. Agnès Jaoui nous transporte dans le Midi.

On joue Les Noces de Figaro en plein air. Soleil, cigales et vin rosé. Les répétitions vont bon train. La metteuse en scène est mannequin, ou influenceuse, ou les deux.

Bref, elle est célèbre et elle a des tatouages. Cela suffit aujourd’hui à occuper un poste dans les hautes sphères artistiques. Elle se prénomme Mirabelle, mais certains l’appellent Prunelle et on se demande si c’est exprès. Les auditions ont eu lieu à Paris.

Toute cette petite troupe s’est déplacée en Provence, avec ses espoirs et ses rancunes. Le spectacle est moderne. Eye Haïdara incarne Chérubin. Cela occasionne quelques quiproquos entre les interprètes.

Agnès Jaoui, on le sait, raffole de ces dialogues où se révèlent les travers du temps. Ici, elle a de quoi faire. Le ténor italien est accusé d’avoir eu un geste déplacé envers sa partenaire. MeToo débarque sur les planches.

Le chanteur est mis au ban. Les représentations vont-elles être annulées ? Assemblées générales, votes à main levée, l’arsenal est au complet. Hannah, la cantatrice (Jaoui en personne), soupire.

La sanction est peut-être un peu lourde, non ? À lire aussi Agnès Jaoui : « Dans L’Objet du délit, tout le monde en prend pour son grade, y compris #MeToo » Deux féminismes se frottent comme des silex. Une diva allemande menace de dévoiler une liste d’agresseurs.

Daniel Auteuil, le chef d’orchestre, tremble. Dans son fauteuil roulant, Jacques Weber continue à appartenir à l’ancien monde, à complimenter les demoiselles pour leur beauté. Jaoui observe ce joyeux désordre, ces règlements de comptes en sourdine, tantôt complice, tantôt consternée. Ce divertissement élégant comporte sa part de sérieux.

La réalisatrice s’attaque à un sujet délicat. Elle marche sur des œufs, un pas en avant, un pas en arrière. Cela s’appelle la nuance. Cette chose existait, jadis.

Il y a des hauts et des bas. On assiste à l’envers du décor. L’époque en prend pour son grade. On se croirait parfois chez Anouilh qui se serait abonné à Mediapart.

L’influenceuse n’a que les mots « sororité », « safe space » à la bouche. Un des financiers a fourgué sa fille dans la distribution. Le soir de la première, le producteur ne pense qu’à regarder le match Lens-PSG sur son portable. Patrick Mille joue les nouveaux riches se piquant de culture avec une gourmandise à peine coupable.

Certes, il n’était peut-être pas indispensable d’utiliser des phallus géants comme leitmotiv comique. Au milieu des oliviers, la vieille garde s’oppose à la jeunesse. Jaoui, qui a dédié son film à Jean-Pierre Bacri, risque d’être accusée de tous les maux. Elle s’est glissée dans le trou du souffleur, a mis la malice de son côté, avec des couleurs chaudes, un sens de l’à-propos sans faille.

Le patriarcat a des ruses insoupçonnées. Quelques longueurs, sans doute (deux heures treize). Elles sont pardonnables, tant le propos secoue, provoque, irrite. En coulisses, Mozart rigole.

PORTRAIT - Le réalisateur roumain, déjà couronné en 2007 pour son 4 mois, 3 semaines, 2 jours, obtient la plus belle récompense pour son film qui observe les mécanismes de la défiance. ANALYSE - En ce moment dans les salles, comme au Festival de Cannes, qui s’est achevé ce week-end, plusieurs films ont pour cadre dramatique la Seconde Guerre mondiale, enfin traitée de manière moins manichéenne, plus complexe, plus nuancée, plus réaliste. RENCONTRE - L’actrice réalisatrice revient en sélection officielle pour la cinquième fois au Festival de Cannes avec son nouveau film. Cette comédie grinçante sur l’art et les rapports hommes-femmes sort en salle mercredi 27 mai.

CRITIQUE - Le dernier long-métrage de Sophie Fillières, décédée en 2023, met en scène Agnès Jaoui en quinquagénaire qui se sent vieille. Un film tout en pudeur et en délicatesse. ENTRETIEN - À 60 ans, l’actrice incarne une femme bipolaire dans La Vie de ma mère. L’occasion de parler de sa carrière et du cinéma.

CRITIQUE - Sous la forme d’une chronique indolente, le film de Noé Debré montre un fils qui cache à sa mère la désertion des juifs de leur cité. JOUR 7 - L'actrice et réalisatrice du Goût des autres rembobine son parcours sur scène, puis derrière la caméra, avec une franchise inoxydable. ENTRETIEN - La cinéaste fait ses premiers pas dans une série, signe une poignée d’épisodes et joue l’amour de jeunesse du psy Philippe Dayan. CRITIQUE - Éric Toledano et Olivier Nakache chapeautent un nouveau pôle de scénaristes et réalisateurs pour un retour hanté par le passé et l’incertitude du présent, avec un docteur Dayan à la fois soignant et patient.

Depuis 2019, les membres de Home Cinéma s'opposent à la Caisse d'épargne, propriétaire des lieux, sur le devenir de cette salle du 5e arrondissement. INTERVIEW - Les journalistes Valérie Benaïm et Sandra Freeman ont coécrit Jean-Pierre Bacri, le bougon gentilhomme (l'Archipel), une biographie de l'acteur qui sort ce mardi, un an jour pour jour après sa mort. TÉMOIGNAGES - Agnès Jaoui, Julie Depardieu ou Denis Podalydès parlent du dramaturge et disent pourquoi il est moderne.