Avec votre compte, vous pouvez désormais sauvegarder des articles pour les lire plus tard sur tous vos appareils. Pour sauvegarder un article vous devez être connecté, vous pourrez ainsi les consulter sur tous vos appareils. Météo-France a relevé mardi un nouveau record de température à l’échelle du pays pour un mois de mai avec un indicateur thermique national à 24,8°C. Mercredi, le mercure doit grimper jusqu’à 30 à 35°C, localement 38 degrés.
À Montreuil, le cimetière, nouveau refuge de fraîcheur face à la canicule ? Finies les grandes allées bétonnées et les stèles alignées sur des dalles de pierre. Depuis quelques années, Montreuil (Seine-Saint-Denis) végétalise son cimetière. Objectif : faire aussi du lieu de recueillement un îlot de fraîcheur au cœur de cette ville de banlieue parisienne très urbanisée.
«Vous seriez venue il y a quelques années, ça n’avait rien à voir! Il faut vous imaginer: il n’y avait pas un brin d’herbe, que des cailloux!», sourit Thierry Marteau, le référent technique du cimetière, en se tournant fièrement vers le cœur du site. Créé en 1826, le cimetière de Montreuil et ses 24.000 tombes réparties sur 9,5 hectares, a changé de visage en une petite dizaine d’années. Face aux épisodes de canicule et de fortes chaleurs de plus en plus fréquents, Patrice Bessac, le maire PCF de la ville, a lancé un projet de débitumisation et renaturation.
Et le cimetière en fait partie. Les stèles sont aujourd’hui entourées d’herbes et de trèfles. Ici un coquelicot, là, un parterre de lavande où butinent abeilles et bourdons. «Dès que vous mettez de la végétation, quelle qu’elle soit, ça apporte un bienfait, une épuration de l’air et forcément un petit peu de fraîcheur», explique Catherine Dehay, maire adjointe déléguée à l’environnement, l’animal et la nature en ville.
À lire aussi Faut-il craindre un été caniculaire, après la vague de chaleur du mois de mai ? Sébastien Lecornu présidera jeudi une réunion interministérielle sur la canicule Le premier ministre Sébastien Lecornu présidera jeudi une réunion interministérielle sur la canicule, «pour faire le point sur la préparation des services de l’État». À lire aussi «Notre pays doit apprendre à s’adapter»: face à la canicule, la ministre de la Santé mise sur la prévention
À Saint-Malo, ville prisée des retraités, un registre a été mis en place pour contacter les personnes fragiles Saint-Malo est particulièrement prisée par les plus de 60 ans, qui représentent 40% de sa population, soit près de 11.000 habitants. Elle est appréciée pour son climat tempéré. Mais comme d’autres départements de l’Ouest, l’Ille-et-Vilaine est en vigilance orange canicule dès le mois de mai.
Le mercure a dépassé les 30°C à Saint-Malo mardi, nouvelle illustration du changement climatique. «Une partie de la population, plus fragile, les personnes âgées ou les personnes dans des logements en hauteur ou mal isolées, souffrent beaucoup de cette situation», signale Florence Abadie, adjointe au maire à la sécurité civile. La ville a mis en place un registre pour appeler les personnes fragiles et s’assurer que «tout se passe bien pour eux», ajoute-t-elle. À lire aussi Entre Dinard la bourgeoise et Saint-Malo la populaire, éternelle rivalité sur la côte d’Émeraude Les vagues de chaleur sont appelées à devenir de plus en plus fréquentes, intenses et précoces Les températures se sont envolées depuis plusieurs jours en raison de la présence sur la France et toute l’Europe de l’ouest d’un «dôme de chaleur», zone de haute pression qui bloque l’air chaud en provenance d’Afrique du Nord.
Du fait du changement climatique, essentiellement causé par l’accumulation dans l’atmosphère du CO2 généré par la combustion du charbon, du pétrole et du gaz, les experts rappellent que ces vagues de chaleur sont appelées à devenir de plus en plus fréquentes, intenses et précoces. La France anticipe un réchauffement moyen de 2,7°C en 2050 et de 4°C en 2100, par rapport aux températures moyennes qui prévalaient avant la révolution industrielle. L’épisode en cours, prévu pour durer toute la semaine, est certainement «le premier d’une série» qui devrait se prolonger cet été, a prévenu mardi la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut. À lire aussi «Sans vent ni nuages, la chaleur s’auto-alimente»: la France coincée sous un «dôme de chaleur»
Marine Tondelier «effarée par le degré d’impréparation du gouvernement» contre la chaleur Marine Tondelier s’est dite mercredi «effarée par le degré d’impréparation du gouvernement» qui tient jeudi une réunion «pour faire le point sur la préparation des services de l’État» face aux vagues de chaleur. «Au bout de plusieurs jours de canicule, ils font un point pour se préparer aux prochaines. Mais on a toujours pas compris ce qu’ils faisaient pour la vague de chaleur là maintenant, c’est assez coupable», a déclaré la patronne des Ecologistes sur franceinfo.
Sébastien Lecornu présidera jeudi cette réunion interministérielle sur la canicule, pendant laquelle seront abordées les questions relatives entre autres à l’accueil du public, à l’état des nappes phréatiques, au risque de feux de forêts... «Ils nous font le coup à chaque vague de chaleur», a-t-elle déploré mais «il y a une urgence à mettre en place des points de fraîcheur partout». Au rythme actuel de rénovation thermique des écoles, «elles seront prêtes pour les canicules dans trois siècles», a-t-elle critiqué. Le montant du Fonds vert qui servait à adapter la France au changement climatique a été fortement diminué depuis deux ans et «après on s’étonne que, quand on arrive en pleine vague de chaleur, la France ne soit pas préparée», a-t-elle relevé. À lire aussi «Notre pays doit apprendre à s’adapter»: face à la canicule, la ministre de la Santé mise sur la prévention
Quand les températures vont-elles revenir à la normale ? «L’épisode de fortes chaleurs se maintient ces mercredi et jeudi de la Bretagne aux Pays-de-Loire et s’étend aujourd’hui vers le Poitou-Charentes et la Gironde», écrit Météo-France dans son bulletin de 06H00. «Jeudi, on va voir un petit décalage des très fortes chaleurs vers le Sud et l’Est. On pourrait avoir très localement 38°C, voire 39°C dans certaines régions, dans le Languedoc notamment», ce qui serait «totalement inédit» en mai, a souligné Adrien Warnan, prévisionniste à Météo-France, lors d’une conférence de presse. Les températures devraient ensuite «certainement» baisser dimanche, selon lui. À lire aussi «Un peu comme dans une serre» : qu’est-ce qu’un dôme de chaleur, le phénomène à l’origine des températures estivales en France ? Dans le Bordelais, les sportifs et vignerons s’adaptent
En attendant, les clubs sportifs doivent aussi s’adapter, après une série de coups de chaleur le week-end dernier. Un participant à une course à pied est décédé dimanche à Paris, une autre personne est morte en faisant du sport dans la métropole de Lyon, et des dizaines de malaises ont été signalés ailleurs en France. «J’étais de 16 à 21 heures dehors, en plein cagnard», témoigne Simon Amillet, moniteur de tennis au CA Bègles, dans la banlieue de Bordeaux, qui a souffert de la chaleur lundi sur les courts. «En rentrant, j’ai senti un gros mal de crâne et une fatigue, je n’arrivais pas à me lever», ajoute l’éducateur de 22 ans, qui a annulé certaines leçons et prévoit d’adapter ses séances destinées aux enfants mercredi, avec «moins de jeu» et «beaucoup d’arrosage».
Dans la section athlétisme du même club, tous les entraînements ont été annulés mercredi pour les jeunes pratiquants. Non loin de là, les vignes du Bordelais font face à un épisode «pas insurmontable» mais éprouvant pour les exploitants, contraints de travailler «très tôt le matin», fait valoir Bernard Farges, président du Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux (CIVB), anticipant «des vendanges encore plus précoces» cette année. À lire aussi «Dôme de chaleur» : la France pourrait-elle connaître des pics de température à 50°C ? Au moins sept personnes sont décédées depuis le début de la canicule, selon le gouvernement
Sous l’effet d’un «dôme de chaleur» persistant, l’institut météorologique a relevé mardi un nouveau record de température à l’échelle du pays pour un mois de mai avec un indicateur thermique national à 24,8°C, selon des relevés provisoires - après 24,6°C lundi, déjà du jamais-vu. Ce phénomène a provoqué directement ou indirectement la mort d’au moins sept personnes en France selon le gouvernement. À lire aussi «On se balade en maillot de bain pour survivre» : dans les logements mal isolés, la chaleur devient un cauchemar pour les Français 13 départements en vigilance orange ce mercredi, des pointes à 38°C attendues «Hypervigilance» envers les tout-petits et les personnes âgées, activités sportives annulées, travaux agricoles perturbés... La France subit un épisode de chaleur «inédit» en mai, avec une vigilance orange canicule étendue mercredi et jeudi à 13 départements et des pointes à 38°C, selon Météo-France.
Ce phénomène est synonyme de températures supérieures de 10 à 15 degrés aux normales de saison. Ce mercredi, le mercure doit grimper jusqu’à 30 à 35°C, localement 38 degrés en Poitou-Charentes, Centre-Val de Loire et autour de la Méditerranée, prévoit Météo-France. À lire aussi Faut-il craindre un été caniculaire, après la vague de chaleur du mois de mai ? Les températures se sont envolées dans une grande partie du pays, en raison de la présence sur la France et de toute l’Europe de l’ouest d’un «dôme de chaleur».
Un phénomène lié à une masse d’air chaud venue du Sahara qui «se retrouve piégée en Europe sous les hautes pressions d’un système anticyclonique». Après un mardi historique où l’indicateur thermique national a battu son record absolu pour un mois de mai, la vigilance orange canicule a été étendue à treize départements pour la journée de mercredi. À lire aussi «Notre pays doit apprendre à s’adapter»: face à la canicule, la ministre de la Santé mise sur la prévention Une vague de chaleur traversera la France de lundi 29 à mercredi 31 juillet. La Chaîne Météo a placé 40 départements en «risque important» ou en «vigilance orange» pour les trois prochains jours.
Cet épisode exceptionnel s’explique par la présence d’un « dôme de chaleur », une zone de haute pression qui bloque l’air chaud en provenance d’Afrique du Nord. VIDÉO - Dans les communes de Modane et de Fourneaux, le niveau d’eau a atteint jusqu’à 50 cm dans certaines zones.