Moïse Kouamé a remporté mardi, à 17 ans, sa première victoire dans un tournoi du Grand Chelem à Roland-Garros en dominant Marin Cilic en trois sets. De quoi confirmer les espoirs placés en lui par la Fédération française de tennis. Publié le : 26/05/2026 - 21:08Modifié le : 27/05/2026 - 11:45 Pour afficher ce contenu YouTube, il est nécessaire d'autoriser les cookies de mesure d'audience et de publicité.
Une extension de votre navigateur semble bloquer le chargement du lecteur vidéo. Pour pouvoir regarder ce contenu, vous devez la désactiver ou la désinstaller. Après 2 h 27 de combat, il a levé ses bras au ciel en signe de libération. Moïse Kouamé avait de quoi exulter.
En battant le Croate Marin Cilic (46e mondial), de 20 ans son aîné, en trois sets (7-6 ; 6-2 ; 6-1) lors du premier tour de Roland Garros, le Français (318e) est devenu, mardi 26 mai, à 17 ans et 81 jours, le plus jeune joueur à remporter un match en Grand Chelem depuis 2009. Sur un court Simonne-Mathieu acquis à sa cause, le prodige français du tennis, bénéficiaire d'une wild-card, a livré un match plein de maîtrise face au Croate, vainqueur de l’US Open en 2014. Après avoir effacé deux balles de set dans une première manche disputée, il s'est finalement adjugé le tie-break. À lire aussiRoland-Garros en direct : Sinner déroule, seules deux Françaises qualifiées pour le second tour
Sous les yeux de son entraîneur Richard Gasquet, qui avait lui-même participé à son premier Roland-Garros en 2002, à l’âge de 15 ans, Moïse Kouamé a fait preuve d’une maturité étonnante pour dominer son adversaire. Alternant coups droits ravageurs, glissades et revers long de ligne, le Sarcellois a profité des nombreuses maladresses de son adversaire de 37 ans, et de ses réflexes vieillissants sur quelques amortis bien sentis. "Du point de vue tennistique, j'étais assez serein, je savais que j'étais prêt, je sentais bien mon service, mon coup droit, mon revers. Je me sentais bien physiquement et mentalement", a-t-il déclaré après son match. Si une bonne partie des Français l’ont découvert ce mardi, les professionnels du circuit ne sont pas spécialement étonnés de sa performance du jour.
"On sentait que c’était un match intéressant à jouer. Avec la chaleur, les corps allaient souffrir et il y avait des opportunités", constate auprès de France 24 Brian Harpin, directeur sportif du Tennis club Bressuire (Deux-Sèvres). C’est ici, en janvier, que Moïse Kouamé a remporté son deuxième tournoi pro après Hazebrouck (Nord) une semaine plus tôt. Deux mois après, il gagnait son premier match sur le circuit pro ATP en renversant l'Américain Zachary Svajda (96e mondial) lors du Masters 1000 de Miami. "Il avait une marge de progression, mais déjà beaucoup de facilité et de relâchement dans son jeu", se souvient Brian Harpin, qui loue son "très bon coup droit, un service puissant et une bonne mobilité".
"Il doit encore progresser sur son revers, et sur le toucher de balle, notamment dans le jeu au filet", complète le directeur sportif du Tennis club Bressuire. Né à Sarcelles, d’une mère d'origine camerounaise et d'un père d'origine ivoirienne, le jeune Moïse a démarré le tennis dès 5 ans sur les courts du Val-d’Oise, avant d’être repéré et pris en charge par la Fédération française de Tennis. Il est ensuite parti du côté de la Belgique où il a intégré l’académie de l’ancienne numéro 1 mondiale, Justine Henin, à Louvain-la-Neuve : "Il était très jeune, il avait déjà envie d’aller très vite. Il y a une forme d’urgence chez Moïse, c’est une force et quelque chose à canaliser", a déclaré celle qui officie comme consultante pour France TV.
Là-bas, l’ancien coach de Justine Hénin, Carlos Rodriguez, découvre un joueur hors normes : "Indépendamment de son gabarit (NDLR: il mesure 1,91 m), il a des qualités hors du commun en termes de coordination, de dissociation, d'orientation dans l'espace et de latéralité. Des gamins comme ça, honnêtement, je crois que je n'en avais jamais vus. Mais des étoiles montantes devenues des étoiles filantes, combien en a-t-on connues ?", témoignait-il à nos confrères d’Eurosport. Un an et demi plus tard, l’adolescent, fan de Novak Djokovic, revient en France, et s’entraîne depuis le mois de février dans l’académie de Patrick Mouratoglou.
La famille s’est entourée d’un staff cinq étoiles avec notamment Daryl Monfils, frère de Gaël Monfils, comme agent, Laurent Raymond comme entraîneur et Richard Gasquet comme conseiller principal. Interrogé par la presse lors d’un rassemblement de l’équipe de France pour la Coupe Davis, l’ancien tennisman français n’a pas caché ses ambitions pour son protégé : "On essaye de faire le maximum avec Moïse (…) On a besoin qu’il y ait des Français qui reviennent dans les 10 premiers, ça fait longtemps que ça n’a pas été le cas. On a envie que la France redevienne une nation majeure du tennis", a expliqué Richard Gasquet. Encore faudra-t-il gérer la médiatisation, les attentes, et surtout le retour dans les circuits inférieurs après Roland Garros. "On sait qu’avec les Français, on en fait vite un pataquès, mais son staff fait tout pour qu’il reste concentré.
D’ailleurs, après l’ATP Miami, il est retourné sur un tournoi challenger. Il a l’air de comprendre cet aspect", rassure Brian Harpin. En attendant, Moïse Kouamé peut aller chercher sa seconde victoire à Roland Garros, dès jeudi, face au Paraguayen Adolfo Daniel Vallejo (71e).