Les candidatures à l'élection présidentielle 2027 se multiplient à gauche comme à droite. À moins d’un an du scrutin, ils sont déjà dix-neuf sur la ligne de départ et d’autres devraient encore suivre. Tour d’horizon des candidates et candidats officiellement déclarés. Jusqu’où montera le compteur ?
Avec Gabriel Attal, qui se lance à son tour dans la course, la liste des candidates et candidats à l’élection présidentielle 2027 s’est encore allongée d’un nom cette semaine. Ils sont désormais dix-neuf à prétendre conquérir l’Élysée en mai 2027 : une candidate à l’extrême gauche, neuf candidats à gauche, cinq candidats à droite, trois candidats à l’extrême droite et un candidat inclassable. Cette liste devrait toutefois continuer de s’allonger. Plusieurs candidats pressentis ne sont pas encore sortis du bois, à l’image de Raphaël Glucksmann, François Hollande, Olivier Faure, Fabien Roussel, Bernard Cazeneuve, Dominique de Villepin, Gérald Darmanin ou Éric Zemmour.
À voir aussiFrance 2027 : une présidentielle face aux crises ? Mais tous ne seront pas sur la ligne de départ lorsque la liste officielle des candidats sera dévoilée en mars 2027. Car le chemin est semé d’embûches : certains espèrent remporter une primaire, d’autres entendent s’imposer comme l’unique représentant de leur famille politique, tandis que plusieurs candidats auront le plus grand mal à recueillir les 500 parrainages d’élus nécessaires pour concourir. Tour d’horizon (par ordre alphabétique) des candidates et candidats officiellement déclarés.
Héritière d’Arlette Laguiller, Nathalie Arthaud a été candidate à la présidentielle en 2012 (0,56 % au premier tour), 2017 (0,64 % au premier tour) et 2022 (0,56 % au premier tour). Elle repart pour une nouvelle campagne en 2027 avec toujours le même but : être la porte-voix des travailleuses et des travailleurs. Candidat à la présidentielle de façon ininterrompue depuis 2012, François Asselineau, candidat complotiste et inclassable, n’est parvenu qu’une seule fois à obtenir les 500 parrainages nécessaires, en 2017 (0,92 % des voix). Il tentera à nouveau sa chance en 2027.
Ancien Premier ministre à l’ascension fulgurante, longtemps surnommé "bébé Macron", Gabriel Attal a repris le parti du chef de l’État tout en prenant ses distances avec lui. Il est désormais candidat à l’élection présidentielle. Son premier objectif sera de s’imposer face à Édouard Philippe pour prendre le leadership sur ce qu'il reste du macronisme. Ancienne camarade de route de Jean-Luc Mélenchon jusqu’aux "purges" de 2024, Clémentine Autain a depuis créé le parti L’Après avec les autres "purgés" Alexis Corbière, Raquel Garrido et Danielle Simonnet.
Elle est candidate à la primaire de la gauche dite Front populaire 2027. Delphine Batho a été candidate à la primaire des écologistes en 2021, à laquelle elle est arrivée en troisième position. Celle qui avait été limogée du gouvernement Ayrault pour avoir critiqué la baisse de son budget est cette fois-ci directement candidate à l’élection présidentielle, sans soutien majeur et sans machine électorale derrière elle. Candidat malheureux à la primaire du parti Les Républicains en 2021, Xavier Bertrand a cette fois-ci décidé de se présenter en volant de ses propres ailes.
Mais sans machine électorale pour le soutenir et avec une forte concurrence à droite, le chemin vers l’Élysée s’annonce semé d'embûches. Déjà trois fois candidat à l’élection présidentielle en 2012 (1,79 % au premier tour), 2017 (4,70 % au premier tour) et 2022 (2,06 % au premier tour), Nicolas Dupont-Aignan repart une quatrième fois à l’assaut de l’Élysée pour porter une ligne souverainiste. Clara Egger se lance dans une deuxième campagne présidentielle. Candidate citoyenne en 2022 sous la bannière du mouvement Espoir RIC 2022, dont le but était de porter l’instauration du référendum d’initiative citoyenne, elle n’avait pas réussi à recueillir les 500 parrainages nécessaires.
Opposé farouchement à l’union de la gauche avec Jean-Luc Mélenchon et La France insoumise, opposant interne au premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure, Jérôme Guedj est candidat à l’élection présidentielle. Il n’a toutefois ni programme, ni soutiens. En attente du jugement de son procès en appel, après avoir été condamné en première instance à une peine de cinq ans d'inéligibilité pour détournement de biens publics, Marine Le Pen espère être candidate à une quatrième élection présidentielle après celles de 2012 (17,90 % au premier tour), 2017 (21,30 % au premier tour, puis 33,90 % au second tour) et 2022 (23,15 % au premier tour, puis 41,45 % au second tour). Toujours favorite des sondages, elle sera fixée sur son sort judiciaire le 7 juillet 2026.
Président médiatique de l’Association des maires de France (AMF), David Lisnard a quitté le parti Les Républicains en avril 2026 car il était favorable à une grande primaire de la droite que Bruno Retailleau ne souhaitait pas. Il est désormais candidat à l’élection présidentielle, mais sans soutien majeur et sans machine électorale derrière lui. À la tête du parti fondé en 2017 par l’ancien candidat socialiste à l’élection présidentielle Benoît Hamon, fervent défenseur de l’union de toute la gauche, Benjamin Lucas-Lundy est candidat à la primaire de la gauche dite Front populaire 2027. Brièvement eurodéputée, proche des écologistes, Lydie Massard est candidate à la primaire de la gauche dite Front populaire 2027.
Déjà candidat à l’élection présidentielle en 2012 (11,10 % au premier tour), 2017 (19,58 % au premier tour) et 2022 (21,95 % au premier tour), Jean-Luc Mélenchon repart pour un quatrième tour en 2027, malgré les nombreuses polémiques dont il a fait l’objet depuis sa dernière campagne. Premier chef du gouvernement d’un Emmanuel Macron tout juste élu, Édouard Philippe symbolise pour la macronie les réussites du premier quinquennat du président de la République. Après six ans durant lesquels il n’a pas participé à la vie gouvernementale, il se lance dans la course à l’Élysée avec la même ambition que Gabriel Attal : reprendre le flambeau du macronisme. Après l’échec de 2022 – il n’avait pas obtenu les 500 parrainages nécessaires –, Florian Philippot, ancien bras droit de Marine Le Pen, tente à nouveau sa chance à l’élection présidentielle 2027.
Sa ligne ne change pas : souverainisme, Frexit et complotisme. Ministre de l’Intérieur très en vue dans les gouvernements de Michel Barnier et de François Bayrou, Bruno Retailleau en a profité pour se faire un nom et pour prendre le contrôle du parti Les Républicains. Il se lance désormais dans la course à l’Élysée en espérant trouver un espace entre les candidats macronistes Gabriel Attal et Édouard Philippe d’un côté et l’extrême droite de l’autre. Après avoir rompu avec La France insoumise et Jean-Luc Mélenchon en 2024, le député-journaliste François Ruffin est candidat à l’élection présidentielle dans le cadre de la primaire de la gauche dite Front populaire 2027.
Mais si celle-ci n’a finalement pas lieu, il sera candidat malgré tout. À la tête du parti Les Écologistes depuis fin 2022, Marine Tondelier s’efforce depuis les élections européennes ratées de 2024 d’incarner le trait d’union entre La France insoumise et le Parti socialiste, en vain. Elle continue de militer pour une primaire de toute la gauche, dite Front populaire 2027, à laquelle elle est candidate.