Les deux chambres parlementaires ont fait de la programmation militaire un enjeu central ces derniers jours. Le Sénat a proposé mercredi d'accentuer l'effort budgétaire en faveur des armées en votant en commission une enveloppe de 14 milliards d'euros supplémentaires, en plus des 36 milliards demandés par le gouvernement dans l'actualisation de la loi de programmation militaire (LPM). Dans un contexte marqué par les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient, les sénateurs veulent aller plus loin que l'exécutif. La commission a adopté dans la matinée le projet de loi actualisant les grandes orientations du pays en matière de défense et de moyens pour les armées, qui doit, dans sa version gouvernementale, porter à 436 milliards d'euros les dépenses militaires prévues d'ici à la fin de la décennie.
Le Sénat prône lui un effort supérieur - 450 milliards d'euros - et entend faire en sorte que le budget des armées représente en 2030 au moins 2,7% du PIB, contre 2,5% dans le projet gouvernemental adopté ces derniers jours à l'Assemblée nationale. Les sénateurs proposent ainsi de maintenir chaque année jusqu'à 2030 le montant engagé en 2026 pour la défense, à savoir 6,7 milliards d'euros. Le débat aura à nouveau lieu dans l'hémicycle à partir de mardi, en présence de la ministre Catherine Vautrin qui pourra donner son avis sur les propositions des sénateurs. Un vote solennel sur l'ensemble du texte est prévu le 9 juin.
Ce texte, qui contient aussi d'autres mesures comme la création d'un nouveau régime d'exception en cas de menace "grave et actuelle", ne présente toutefois qu'une trajectoire indicative, car les investissements réels pour les armées doivent être votés chaque année dans le projet de loi de finances. Pour aller plus loin -> Loi de programmation militaire : un nouveau régime d'exception, "l'état d'alerte de sécurité nationale", approuvé par les députés