Publié par Sylvie Dellus et Jasmine Saunier | Mis à jour le 11 juin 2026 par Mathilde Pujol En collaboration avec Sébastien Martinez (Coach, champion de mémoire) , Mickaël Laisney (Enseignant-chercheur en neurosciences) et Laurence Taconnat (Professeure de psychologie cognitive) À l’approche des examens, optimiser sa mémoire devient essentiel pour réviser efficacement sans s’épuiser. Des neuroscientifiques et des experts en apprentissage nous livrent 12 conseils simples, concrets et validés par la recherche pour mieux retenir ses cours et gagner en efficacité au quotidien.

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La mémorisation ne repose pas sur le simple bachotage, mais sur des méthodes actives et régulières. En structurant ses révisions, en variant les approches et en mobilisant différentes formes de mémoire, il est possible d’améliorer durablement ses capacités d’apprentissage. Voici les premières étapes pour bien démarrer. Répéter les informations à plusieurs reprises dans le temps est bien plus efficace que de bachoter.

La méthode des J consiste à revoir ce que l’on a appris le lendemain, puis 3 jours, 1 semaine, 2 semaines et 1 mois plus tard (J1, J3, J7, J14, J30). L’apprentissage distribué est d’ailleurs validé scientifiquement. « Le temps entre deux révisions permet au cerveau de digérer et de stabiliser l’information », confirme le Pr Mickaël Laisney, chercheur en neurosciences. Plus on répète, mieux on retient, mais le calendrier peut être ajusté. Les révisions anciennes et récentes se chevauchent, mais les premières informations disparaissent rapidement du « tableau de bord ». La méthode Pomodoro consiste à se reposer 5 minutes toutes les 25 minutes, puis 15 minutes après 4 sessions.

Elle évite la fatigue, mais pas seulement : une étude du National Institute of Health aux États-Unis montre que ces courtes pauses permettent au cerveau de « rejouer » ce qu’il vient d’apprendre, renforçant ainsi la mémorisation. « Laisser passer la nuit est également bénéfique, car le cerveau consolide les apprentissages durant le sommeil », confirme la professeure de psychologie cognitive Laurence Taconnat. Ce principe s’applique aussi aux apprentissages moteurs, comme la musique. Des études ont montré que l’on apprend mieux sur plusieurs jours, avec des pauses, plutôt qu’en s’acharnant des heures durant. « Il est crucial de donner du sens à l’information pour bien la retenir », souligne Laurence Taconnat. Le fait de dessiner une carte mentale aide à mieux comprendre ce que l’on apprend et sollicite la mémoire visuelle.

On écrit le sujet au centre d’une feuille et on relie idées et concepts en arborescence. « L’idéal est de la refaire plusieurs fois », complète Sébastien Martinez. Bonus : imaginer des liens inattendus stimule la créativité et renforce la mémorisation dans un cercle vertueux. La mémoire fonctionne par liens logiques : plus une information est intégrée à un réseau dense, mieux on la retient.

On essaye donc de connecter ce que l’on apprend à ce que l’on connaît déjà - périodes historiques, mécanismes du corps, courants artistiques… « Lorsque j’enseigne, j’utilise toujours le cours précédent et j’y ajoute de nouvelles données », explique par exemple la Pre Taconnat. Trouver des liens avec des idées ou des concepts qui nous touchent est particulièrement efficace. « Créer des liens en rapport avec l’expérience ou les goûts personnels rend l’apprentissage encore plus efficace », souligne le Pr Laisney. C’est l’effet de référence à soi.

Lorsque l’on apprend du vocabulaire, par exemple, il est important de formuler ses propres phrases avec, voire de s’imaginer en train de les dire dans une conversation. Associer une information à son vécu ou à un contexte personnel aide également à la retrouver plus facilement. Et si c’est absurde, c’est encore mieux ! Toute émotion renforce la mémorisation.

Par exemple, pour se souvenir de la mort de Marat, on peut se dire : « Il aimait prendre des bains, comme moi », en référence au tableau de David qui représente la scène. Expliquer le cours à voix haute, avec ses propres mots et exemples, oblige à lui donner du sens et permet ainsi de l’intégrer. « C’est ma méthode préférée », reconnaît le Pr Laisney. « De plus, la mémoire fonctionne mieux quand on est actif et que l’on 'joue' le cours ». Un cadre bienveillant entre camarades peut aider, à condition de ne pas générer de stress. Ce contexte facilitera également le rappel ultérieur, car il suffira de se remettre mentalement dans la situation pour retrouver l’information. Il s’agit de répartir mentalement les informations dans une maison familière, chaque pièce correspondant à une idée.

Elles sont reliées à des repères connus et regroupées en concepts logiques. Dans un contexte d’examen, repenser à la maison et à une pièce suffit à faire revenir l’information qui lui est associée. « C’est aussi plus ludique et motivant que de simplement répéter », ajoute Sébastien Martinez. « Cette technique fonctionne bien pour retenir des listes rébarbatives, par exemple en anatomie ». Pour retenir des listes ou des codes, on peut construire une phrase histoire, idéalement absurde, qui crée un lien émotionnel avec la mémoire.

On connaît l’exemple classique pour les conjonctions de coordination : « mais ou et donc or-ni- car ». Il est possible de créer ses propres phrases mnémotechniques. Par exemple, pour retenir le code d’un portail « 95A8 », on peut imaginer : « mon amie qui vit dans le 95 se rend A Cancale pour manger des huîtres ». Si la personne et les lieux sont bien connus, c’est plus efficace.

Tous nos experts confirment que s’auto-tester est très efficace. Écrire des petites fiches questions-réponses stimule la mémorisation, car on devient actif, on identifie les points clés et on reformule le cours. Ajouter un contexte social, en travaillant à plusieurs, renforce la motivation et protège de l’ennui, deux éléments essentiels pour retenir l’information. Oublier ce qu’on lit… c’est normal.

Le cahier de culture – sorte de journal intime dédié – permet d’en garder une trace, mais il faut ensuite relire l’information pour la retenir définitivement. Si on aime l’idée du bullet journal, le fait de le décorer, de le personnaliser améliore les chances d’y revenir plusieurs fois, et de mieux retenir. Après avoir appris un cours, on essaye d’écrire ce que l’on a retenu, avec autant de chiffres et de mots-clés possibles. Le fait de rechercher l’information participe également à sa mémorisation.

Enseignant-chercheur en neurosciences à l’École pratique des hautes études En cas d’oubli, on réfléchit un moment avant de consulter ses notes. Plus on pratique cet exercice, mieux on apprend. La feuille blanche est plus efficace si elle est combinée à d’autres méthodes, comme les cartes mentales.

En quelle année a été créé le ruban adhésif ? Quand l’homme a-t-il marché sur la lune ? Pas facile de s’en souvenir. Vous partez faire les courses avec l’intention d’acheter des yaourts, des carottes, du steak haché, du poulet, de l’essuie-tout, du savon, un balai, le journal, du sucre et du chocolat.

Votre défi : ne rien noter. Entretiens avec Sébastien Martinez, coach, champion de mémoire, Mickaël Laisney, enseignant-chercheur en neurosciences et Laurence Taconnat, professeure de psychologie cognitive.