Publié par Véronique Châtel | Mis à jour le 11 juin 2026 par Mathilde Pujol En collaboration avec Gérard Leleu (Sexologue) , Esther Pérel (Thérapeute de couple) et Willy Pasini (Sexologue) Avec le temps, la routine, les obligations du quotidien ou encore la charge mentale peuvent éroder le désir et donner l’impression que la passion s’essouffle. Pourtant, entretenir la flamme ne relève pas de la magie : certaines astuces permettent de nourrir durablement la complicité et l’attirance au sein du couple.

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Dans les premiers mois d’une relation, l’excitation de la nouveauté entretient naturellement le désir. Mais lorsque le quotidien s’installe, il devient nécessaire de faire vivre cette dynamique autrement. Cultiver la frustration, préserver une part de mystère ou partager des expériences inédites sont autant de pistes qui peuvent contribuer à maintenir une relation épanouissante. Rien de tel pour alimenter la tension amoureuse que la frustration.

Il faut se manquer l’un à l’autre régulièrement et s’obliger à ne pas tout partager pour avoir très envie de se retrouver et de se dévorer goulûment. Le désir sexuel ne survit pas à la possessivité, à la perte de liberté, à la dépendance, au besoin d’exclusivité. Thérapeute de couple et autrice de L’intelligence érotique (éd. Robert Laffont) Comment cultiver le manque ?

En préservant toujours entre soi et l’autre, un espace de mystère. Et, plus sophistiqué : en laissant planer l’idée que tout peut arriver et que rien n’est acquis. Elle : « J’ai fait cette nuit un rêve étrange ».Lui : « Avec moi ? ».Elle : « Non, avec un homme que j’ai croisé hier. Il avait les mains douces ».Lui : « Plus que les miennes ?

».Elle : « J’ai oublié comment étaient les tiennes… ». Trop souvent les pulsions sexuelles priment sur le désir. Résultat : on ne prend pas suffisamment le temps de désirer l’autre. Plus regrettable, surtout pour les femmes, on ne retarde pas assez le moment du coït. « La maturité sexuelle consiste donc à ne plus placer les organes génitaux au centre de l’érotisme et à porter son intérêt érotique sur l’ensemble du corps de l’autre », explique le sexologue Gérard Leleu, auteur du « Jardin de caresses » (éd. Flammarion). Comment nourrir l’attente ?

En s’explorant mutuellement les zones érogènes secondaires avant de passer aux zones érogènes primaires. Elle : « Et mon aisselle, tu l’aimes, dis ? ».Lui : « Oui ».Elle : « Et ma nuque, elle a bon goût ? ».Elle : « Et mon nombril, est-ce qu’il roule bien sous ta langue ?

».Elle : « Et mes petits plis, du coude, du genou, sous la fesse… est-ce qu’ils sont doux ? ». Comme l’a constaté le sexologue Willy Pasini, auteur de « Le couple amoureux » (éd. Odile Jacob), les amants au long cours font en sorte d’anticiper leur désir. Savoir qu’à 17 heures ou 22 heures on a rendez-vous avec l’autre pour faire l’amour facilite le passage de la réalité au monde fragile du désir et des fantasmes. On prépare son corps en conséquence : on l’épile plus soigneusement, on le crème, on le lustre, on le pare de vêtements que l’autre prendra plaisir à enlever… surtout, on libère son esprit pour se rendre disponible à l’autre. En organisant des rendez-vous amoureux, chez soi, sans les enfants ou à l’hôtel.

Elle : « Ce soir, vous avez rendez-vous avec moi ! ».Lui : « À quelle heure, me convoquez-vous, Madame ? ».Elle : « 19 heures 30 ! ».Lui : « C’est dans longtemps. Donnez-moi quelque chose pour tenir jusque-là ».Elle : « Je porterai ma guêpière rouge, celle que vous aimez tant maltraiter ». Faire l’amour est une affaire sérieuse à vivre avec légèreté. Pas question donc de suivre un protocole strict.

Tous les chemins peuvent mener à l’orgasme. « Chaque couple doit inventer ses propres jeux érotiques en fonction de son imaginaire personnel », affirme Philippe Brenot, auteur de « Inventer le couple » (éd. Odile Jacob). Cela requiert évidemment un climat de confiance. Car il faut que chacun puisse exprimer ses désirs, même les plus originaux, sans avoir l’impression d’agresser l’autre.

Il faut intégrer l’idée que l’érotisme est un art qui s’apprend en le pratiquant. Lui : « Imagine que je suis ce beau ténébreux qui croise ton chemin ; tu as ta robe rouge à bretelles qui danse autour de ton corps ».Elle : « Je n’ai pas mis de culotte et tu le devines ».Lui : « Je te regarde jusqu’à te faire rougir, puis je t’emboîte le pas en murmurant : « qui êtes-vous, belle inconnue ? ».Elle : « Je t’entraîne dans une impasse et doucement, sans te quitter des yeux… ». Entretiens avec Esther Pérel, thérapeute de couple, Gérard Leleu, sexologue, et Willy Pasini, sexologue.