Quand le thermomètre grimpe, beaucoup remarquent un autre inconfort : les selles se font rares. Vous buvez frais, vous restez à l’ombre, pourtant impossible d’aller à la selle comme d’habitude. Le média EatingWell a interrogé Rabia de Latour, gastro-entérologue américaine, qui confirme qu’une vague de chaleur peut favoriser la constipation, simplement parce que votre intestin réagit au manque d’eau. Pour Rabia de Latour, tout part de la déshydratation.
"Chaque fois que vous êtes déshydraté, la première réaction de votre corps est de concentrer votre urine et vos selles", explique-t-elle. "Il supplie: 'S’il te plaît, donne-moi de l’eau !' et il va la reprendre dans les selles pour l’absorber." Les selles deviennent alors sèches et compactes. Les médecins parlent de constipation quand on émet moins de trois selles par semaine, que les selles sont dures ou qu’il faut pousser beaucoup pour les évacuer. On parle plutôt de "constipation de canicule" quand un transit habituellement régulier se bloque ou se ralentit clairement pendant une vague de chaleur, puis s’améliore dès que les températures redescendent.
Quand le corps surchauffe, il envoie plus de sang vers la peau pour se refroidir et mise sur la transpiration. Cette perte d’eau rapide dépasse vite les apports si l’on boit peu. Des gastro-entérologues parlent même d’"agression thermique" pour le tube digestif. Le côlon récupère alors l’eau contenue dans les selles pour protéger les organes vitaux, ce qui les rend sèches et difficiles à expulser.
Les médecins interrogés rappellent que beaucoup de personnes boivent moins de 1,5 à 2 litres d’eau par jour, or, c’est le minimum conseillé. Et en période de canicule, les besoins augmentent encore. Attendre d’avoir soif, remplacer l’eau par des sodas ou de l’alcool accentue la déshydratation. Les urines qui deviennent foncées, une bouche sèche, des maux de tête ou une grande fatigue sont des signes de manque d’eau.
Ils vont souvent de pair avec un transit ralenti. La chaleur modifie aussi l’assiette et le niveau d’activité. Rabia de Latour souligne que nous manquons souvent de fibres, alors qu’elles augmentent le volume et la souplesse des selles. En été, barbecues riches en viande, sandwichs pris sur le pouce et desserts glacés laissent peu de place aux fruits, légumes et céréales complètes.
Si l’on bouge moins et que l’on retient son envie d’aller aux toilettes, lors d’un trajet ou en vacances, l’intestin ralentit encore. Face à cette constipation de chaleur, la première ordonnance de Rabia de Latour reste limpide: "Ce dont vous avez besoin, c’est de vous hydrater, vous hydrater, vous hydrater, vous hydrater". Boire régulièrement tout au long de la journée, sans attendre la soif, en privilégiant l’eau, compense les pertes liées à la transpiration. Les médecins recommandent d’ajouter des aliments riches en eau et en fibres dans chaque repas: melon, pastèque, tomates, concombre, salades, légumineuses, céréales complètes ou fruits secs comme les pruneaux.
Un minimum de mouvement aide aussi le tube digestif: une marche de 20 à 30 minutes aux heures fraîches, un peu de natation ou de vélo doux relancent le péristaltisme. Les spécialistes conseillent en parallèle de respecter l’envie d’aller à la selle, idéalement chaque jour à heure fixe, et d’adopter une bonne position en surélevant légèrement les pieds. En cas de douleurs abdominales importantes, vomissements, abdomen très gonflé, fièvre, sang dans les selles, consultez rapidement.