Une circulaire du Premier ministre encourage les membres de son gouvernement à réaliser "dépistages inopinés et obligatoires" de stupéfiants. Contenu ajouté à votre liste de lecture dans l'espace Mon compte Contenu ajouté à votre liste de lecture dans l'espace Mon compte Une erreur est survenue, veuillez réessayer ultérieurement.
Pour ajouter ce contenu à votre liste de lecture, vous devez être connecté(e) C’est une circulaire qui divise. Dans un texte consulté mercredi 17 juin 2026 par l’Agence France Presse, Sébastien Lecornu demande à ses ministres de procéder à des dépistages surprise de drogue, « sous forme de tests salivaires », de leurs collaborateurs et à se faire tester eux-mêmes. Cette circulaire a entraîné rapidement de vives réactions.
Qui sont les personnes concernées ? Les ministres, la Secrétaire générale du gouvernement ou le Secrétaire général de la Défense et la sécurité nationale devront aussi se faire dépister d’une possible consommation de stupéfiant d’après le texte. Ces dépistages seront également pratiqués sur des hauts fonctionnaires, les préfets, les ambassadeurs, les directeurs d’administration centrale, les recteurs et les agents ayant accès à des « informations sensibles » ou porteurs d’une « habilitation » dans la défense ou la sécurité. La consommation de stupéfiants par des agents publics « constitue, au-delà de leur propre mise en danger et de l’impact sur le service, une vulnérabilité personnelle susceptible d’être exploitée par des groupes de pression, des réseaux criminels ou des manœuvres d’ingérence », pointe Sebastien Lecornu.
Avant d’ajouter : « La plus grande vigilance » est donc « requise ». En décembre 2025, un membre du cabinet du Premier ministre avait dû être exfiltré de Matignon pour consommation de drogue. Pour appuyer cette circulaire, l’entourage du Premier ministre met en avant une « exigence d’exemplarité et de sécurité proportionnée aux responsabilités exercées ». Le Premier ministre a lui-même été testé.
Voulant garder son anonymat, un conseiller ministériel s’interroge sur la légalité de la circulaire et la juge « infantilisante ». Et de préciser : « Lecornu c’est aussi le chef de tous les conseillers ministériels. Instaurer un rapport de défiance, alors qu’on travaille tous de 6 heures du matin à 1 heure du matin, dans une période de fin de règne où on a tous besoin d’avoir un horizon, ça me met extrêmement mal à l’aise ». En cas de résultat positif, les ministères décideront des conséquences « y compris sur un plan disciplinaire » et pourront orienter les consommateurs « vers des structures de soins ». Il est précisé que les agents concernés auront une garantie concernant la « protection de leurs données personnelles » le tout en « concertation avec les représentants du personnel ».
La représentante de la CFDT Fonction publique, Laure Revel, estime qu’il s’agit d’un « problème de santé publique qui n’est pas lié à la haute fonction publique ». De son côté, la cheffe de file des députés LFI Mathilde Panot a dénoncé des « gesticulations ». Les ministres et les membres de leur cabinet vont être soumis à des dépistages de drogue à la demande de Sébastien Lecornu, France Info, 17 juin 2026