Alors que le soleil revient en pleine force, une vague de chaleur arrive en France et devrait durer toute la semaine. Météo-France explique qu’il s’agit d’un "épisode de chaleur précoce et remarquable, concernant l’ouest du pays et Paris intra-muros". Quand la température grimpe dans le salon, on a tendance à braquer son ventilateur sur soi. Pour mieux anticiper ces épisodes, Santé publique France a lancé un dispositif spécifique, le site « Vivre avec la chaleur », qui propose des conseils simples et pratiques pour s’adapter efficacement dès les premières hausses de température. « On constate que la chaleur a un impact sur les personnes vulnérables ou non, dès les premières hausses, et pas seulement en cas de canicule », insiste Agnès Verrier, épidémiologiste chez Santé publique France.

L’objectif du dispositif est d’ancrer de nouveaux gestes dans le quotidien, bien avant que la température ne devienne insupportable. « Le message le plus important, c’est de ne pas attendre la canicule pour s’adapter. Il faut que ça devienne un réflexe naturel », insiste l’experte. Au lieu de brasser l’air chaud de la pièce, le fait de placer le ventilateur devant une fenêtre ouverte, orienté vers l’extérieur, permet de chasser l’air surchauffé.

Des tests maison montrent que cette configuration peut faire baisser la température ressentie de plusieurs degrés, surtout si une deuxième ouverture (fenêtre opposée ou porte) crée une ventilation croisée. L’astuce fonctionne vraiment lorsque l’air extérieur est plus frais que l’intérieur, typiquement tôt le matin, en soirée ou pendant la nuit. Cette méthode séduit aussi côté climat et facture : l’Agence de la transition écologique rappelle que la climatisation représente environ 5 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Utiliser un simple ventilateur domestique comme extracteur limite l’énergie consommée.

Les experts interrogés par RMC/BFMTV conseillent d’éviter de diriger le flux d’air en continu sur une personne, surtout fragile, pour ne pas assécher les muqueuses et remettre en suspension poussières et allergènes. Pour reproduire chez soi la technique de l’épidémiologiste avec un ventilateur sur pied ou de table, plusieurs étapes simples aident à maximiser l’effet : Dans un logement non traversant, ce réglage reste intéressant : le ventilateur expulse l’air chaud par la fenêtre ouverte, l’air plus tempéré entrant par les interstices des portes ou la cage d’escalier. Le site de Santé publique France suggère aussi de placer devant l’appareil des contenants fermés remplis d’eau glacée ou un linge humide pour refroidir légèrement le flux d’air, et de fermer certaines pièces pour garder une "réserve" de fraîcheur.

Quand malgré tout l’appartement reste étouffant, le dispositif « Vivre avec la chaleur » invite à repérer les îlots de fraîcheur mis en place par les communes, les parcs ombragés ou bâtiments rafraîchis ouverts au public. "Avant que les effets sanitaires ne se traduisent par un passage aux urgences, il y a souvent des signes d’altération du bien-être", rappelle Agnès Verrier. En cas de fatigue inhabituelle, de maux de tête persistants ou de difficultés à dormir, s’hydrater, chercher un endroit frais et rester attentif aux personnes âgées, malades chroniques ou isolées permet de limiter le risque.